Vidéosurveillance et liberté

Résumé de mon intervention au conseil municipal du 23 février :

Dans un précédent conseil, je me suis déjà dressé contre la vidéosurveillance, les caméras haute-définition et la lecture automatique des plaques d’immatriculation. C’est un danger pour les libertés individuelles. On m’a répondu que les données sont stockées pendant quinze jours et qu’elles restent à l’intérieur du bâtiment de la police municipale. Pour l’instant. Mais est-on sûr pour l’avenir ?

La technologie évolue. On est capable de lire les plaques d’immatriculation. Cela se fait aux entrées d’autoroute ou au rond-point de la Mouette à Seynod. Dans quelques années, les caméras haute-définition pourront être couplées à un système de reconnaissance des visages : la technologie existe déjà. Il sera alors possible d’identifier automatiquement les personnes qui marchent dans la rue.

La législation évolue aussi et finit par tout autoriser. Je prendrai l’exemple du Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Il a été créé en 1998 par le gouvernement Jospin dans le but de ficher les délinquants sexuels et seulement eux. En 2002, 4000 personnes étaient fichées. Puis des lois ont été votées par l’UMP et le PS pour élargir son usage. Aujourd’hui, plus de 2 millions de personnes sont fichées. Il suffit d’être mis en cause, même pas condamné, dans une affaire de droit pénal pour subir un prélèvement de salive. Sur les 2 millions de personnes fichées, les trois quarts n’ont ainsi jamais été condamnées ! On effectue souvent un fichage des militants politiques : faucheurs d’OGM, manifestants etc.

Chaque fois qu’un attentat se produit sur notre territoire, le gouvernement en profite pour faire passer des lois liberticides. Si toutes les villes se munissent de caméras haute-définition, il sera tentant pour l’Etat d’interconnecter les systèmes. On disposera alors d’un vaste réseau de surveillance de la population. Ce n’est pas de la science fiction : c’est techniquement possible. Il suffit que la législation évolue. Encore quelques attentats.

Imaginez un peu que la République ait disposé dans les années 1930 de la technologie actuelle. Imaginez que la République ait installé des caméras de surveillance sur l’ensemble du territoire, des systèmes de contrôle des communications, d’identification automatique des véhicules et un fichier des empreintes génétiques de la population. Dans les années 1940, aucune résistance n’aurait été possible ! Les officiels aiment bien se rassembler le 8 mai et le 14 juillet pour faire l’apologie de la Révolution et de la Résistance. Pourtant, en réalité, rien ne leur fait autant peur qu’un soulèvement des Français. L’Etat ne fait pas confiance aux Français. L’Etat leur interdit par exemple de détenir des armes, tout comme l’ont fait les Allemands dans les années 1940.

Je suis pessimiste pour l’avenir. La société multiethnique qu’on nous a imposée est en train de s’effondrer. Comme dans toute période de troubles, l’Etat va devenir de plus en plus totalitaire. Je veux laisser la possibilité aux Français d’entrer en résistance. C’est pourquoi je vote contre les caméras haute-définition.

Big Brother is watching you

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