La pyrale du buis

En ce moment, une catastrophe écologique se produit dans nos régions dans l’indifférence des politiques pourtant si prompts à réagir sur des sujets autrement superficiels. Le buis, arbuste qui façonne de nombreux paysages de France, est en train de disparaître. La coupable est une pyrale, petite chenille qui dévore les feuilles de l’arbuste avant de se transformer en papillon. Elle a été artificiellement transportée d’Asie vers l’Europe avec l’importation de plants contaminés. Encore une fois, la mondialisation des échanges est directement responsable d’un grave déséquilibre écologique. Ce n’est malheureusement pas le seul fléau. La circulation planétaire des marchandises et des personnes est aussi responsable de troubles sanitaires (diffusion de maladie), économiques (concurrence de pays à bas coûts), sociétaux (choc des cultures) et sécuritaires (terrorisme).

Malheureusement, on n’a guère de moyens de lutter contre la pyrale. Certains massifs sont en train devenir désertiques comme ravagés par un incendie. L’art topiaire et les jardins à la française devront se passer des magnifiques haies taillées au cordeau. Et le dimanche des rameaux ne sera plus jamais le même. La catastrophe n’est pas seulement écologique, elle est aussi culturelle. C’est un peu de notre identité qui s’en va.