Taux de l’emprunt toxique

Dans notre article précédent, nous vous avons parlé du prêt toxique que la ville de Seynod a contracté en 2007 auprès de la banque Dexia. Il s’agit d’un prêt à taux variable indexé sur le cours de l’euro par rapport au franc suisse.

Ne disposant pas du contrat de prêt, nous avons fait des recherches sur internet et trouvé la formule de calcul du taux sur le site suivant : www.emprunttoxique.info.
Si l’euro vaut plus de 1,44 francs suisse, alors le taux est de 3,46 %
Si l’euro passe en dessous de la valeur barrière de 1,44 francs suisse alors la formule qui s’applique est la suivante :
taux = 3,46% + 50% * (1,44/cours – 1) + 1%

Ceci nous a permis de tracer le graphique suivant, qui présente l’évolution du taux (axe vertical) en fonction du cours de l’euro par rapport au franc suisse (axe horizontal) :
pret_toxique_taux_cours

Comme on le voit, plus l’euro est bas par rapport au franc suisse, plus le taux est élevé. Tant que le cours reste au dessus de 1,44 tout va bien. Mais dès qu’on passe en dessous, le taux du prêt se met à augmenter rapidement. Si un jour on atteignait la parité 1 CHF = 1 euro, le taux serait de 26,46% ! Impossible ? Pas si sûr.

Le graphe suivant montre l’évolution du cours de l’euro par rapport au franc suisse depuis 1999 (il s’agit de la moyenne mensuelle du cours) :
pret_toxique_cours_euro_chf

Quand la ville de Seynod a signé le contrat de prêt, tout allait bien, l’euro était élevé et valait plus de 1,6 francs suisse. Mais la crise de 2008 est passée par là. L’euro a baissé. Il est passé en dessous du seuil fatidique de 1,44 francs suisse en avril 2010. Depuis, il n’est pas remonté au-dessus. Pire, la valeur minimale – pour l’instant – a été atteinte au mois d’août 2011 : le cours moyen sur le mois a été de 1,12. Si cette valeur s’était maintenue, le taux de l’emprunt aurait été de 18,7% !

On comprend le danger de ces emprunts toxiques. Le taux dépend de facteurs que l’on ne maîtrise pas. La mairie de Seynod n’a aucun pouvoir sur les cours de l’euro et du franc suisse. En signant ce contrat de prêt, elle a enchaîné son destin aux aléas de la situation économique mondiale. Elle essaie maintenant de se dédouaner en prétendant qu’elle n’est pas un emprunteur averti. Mais, comme vous le voyez, nul besoin d’être un spécialiste de la finance pour tracer quelques courbes. Si nous en sommes capables, alors c’est à nous de prendre les commandes en mars 2014. Au Front National, nous n’écoutons pas les sirènes de la finance internationale.