Tempête après les propos de François Fillon

C’est la tempête depuis que François Fillon a osé tenir des propos pourtant anodins : S’il avait le choix entre deux candidats, un socialiste et un Front National, il voterait pour le moins sectaire des deux. Visiblement, ça a choqué beaucoup de monde.

Il y a d’abord les socialistes qui ne supportent pas qu’on puisse leur préférer un autre parti ! Ils ne se rendent pas compte que nous-aussi, militants du Front National, nous pourrions nous sentir visés par les propos de Fillon. Nous-aussi, nous pourrions hurler en entendant dire que, dans certains cas, Fillon préférerait choisir un socialiste plutôt que notre candidat. Mais nous n’y pensons pas, tout simplement parce que nous sommes attachés à la liberté de choix : François Fillon est libre de son vote. Ce faisant, les socialistes démontrent une fois de plus leur sectarisme et nous ne doutons pas que l’ex premier ministre choisira dans tous les cas d’accorder sa voix au candidat Bleu Marine.

Il y a aussi les collègues de François Fillon à l’UMP qui ont du mal à digérer ses propos. Pas tous, loin de là ! La plupart des élus locaux préfèrent de loin le FN au Parti socialiste. Ceux qui ont du mal à supporter les propos de Fillon, ce sont les Parisiens, les bobos, les représentants du courant bling-bling. Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas pour eux de faire preuve d’une quelconque « morale politique » qui les pousserait à défendre un « front républicain » contre le Front National. Il s’agit simplement de poursuivre un choix stratégique qui dure depuis plus de 20 ans. Comme le dit si bien Jean-François Copé : « C’est l’avenir de l’UMP qui est en jeu. » Si les responsables de l’UMP commencent à dire que le Front National est fréquentable, le dernier tabou qui retient certains électeurs dans le giron de l’UMP aura sauté. Aussi Jean-François Copé est-il contraint à un difficile exercice d’équilibriste. D’un côté, il est obligé de reprendre la plupart des thèmes du Front National qui se sont imposés comme des évidences auprès des électeurs. De l’autre, il doit continuer à diaboliser notre mouvement parce qu’il devient de plus en plus attractif. Combien de temps va-t-il tenir dans cette position ?